Janusz Korczak, écrivain, médecin et pédagogue précurseur, qui considérait l’enfant comme un individu à part entière.
Début octobre 1926, à Varsovie, des enfants ouvraient leur propre journal. Pas un journal pour eux, pensé et corrigé par des adultes bienveillants : un journal à eux, écrit, rédigé, discuté par des milliers de jeunes correspondant·es à travers tout le pays. La Petite Revue (Mały Przegląd), née de l'obstination de Janusz Korczak, a tenu treize ans, jusqu'à ce que la guerre la fasse taire. On y lisait les écoles, les rues, les familles, les colères et les tendresses de l'enfance ; tout ce que les ( adultes jugeaient trop petit pour compter, et qui faisait pourtant la vie.
Cent ans plus tard, la question que Korczak posait avec ce geste n'a rien perdu de son tranchant : sommes-nous vraiment prêts à laisser les enfants et les jeunes écrire, parler, prendre l’espace, sans aussitôt reprendre la main ? Trop souvent, leur parole est sollicitée pour être aussitôt encadrée, notée, apaisée. Célébrer La Petite Revue, c'est reprendre le pari : que les enfants et les jeunes ont des choses à dire qui nous concernent, et que c'est à nous d'en faire quelque chose.